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Ciel dégagé pour la Flûte enchantée

2.400 personnes sous le charme de l’ouvrage de Mozart, hier soir au château d’Haroué

Haroué. La lune est descendue au pied du château d’Haroué pour la Flûte enchantée de Mozart dans les décors de Stéfanie Jarre et la mise en scène de Francis Huster et Steve Suissa. L’astre de la nuit est un élément important de cet ouvrage qui illustre le combat du Bien et du Mal et la lutte que mène la Reine de la Nuit contre Sarastro. C’est aussi le triomphe de l’Amour que symbolisent Pamina et Tamino, d’une part, Papageno et Papagena, d’autre part.
Hier, les dieux de l’Olympe ont été sensibles au son de la flûte magique et au carillon tout aussi enchanté de l’oiseleur Papageno, puisque c’est sous un ciel sans nuage que s’est déroulé tout l’opéra.
Sous la baguette d’Alexandre Piquion, l’ouverture s’est imposée dans un tempo dynamique et un bel équilibre des différentes parties de l’orchestre; ce qui n’est pas toujours le cas avec de la musique amplifiée. Dans leur cage transparente, les musiciens sont totalement intégrés au dispositif scénique. La distribution d’hier a permis d’entendre un vaillant Tamino campé par Xin Wang. A son beau timbre de voix, Philippe-Nicolas Martin ajoute un vrai talent de comédien. Quant à la Reine de la Nuit (Heera Bae), elle fut
souveraine, dès son premier grand air, avec une voix souple, portant bien la ligne mélodique, et des vocalises faciles.
Ses suivantes n’ont pas démérité. Anna Wall, Boram Lee et Blandine Folio-Peres ont apporté aux Trois Dames, la fantaisie qui convient à ces trois personnages. Les trois garçons de la Maîtrise des Hauts-de-Seine ont su insuffler toute la candeur juvénile que requiert leur rôle.
Dans une mise en scène de Francis Huster et Steve Suissa et des décors de Stéfanie Jarre.Le ténor Pablo Veguilla était plus comique que réellement effrayant dans son rôle de Monostatos. Olivia Doray était une Pamina émouvante et pleine de charme et Joanna Malewski, une Papagena truculente.
Une basse majestueuse
La basse Thomas Dear a donné de la majesté au personnage central de
Sarastro, bien épaulé par les premier et deuxième prêtres, respectivement Matthieu Lécroart et Alfred Bironien. Les voix de la Sagesse ont porté fort et loin dans la campagne du Saintois et les 2.400 spectateurs de cette première représentation ont été sous le charme de cette Flûte enchantée dont les airs sont de véritables joyaux.
L’adaptation par Francis Huster du livret a permis de le rendre facilement accessible et sa mise en scène sobre et efficace a évité la lourdeur de certains partis pris qui veulent ne voir que l’aspect purement maçonnique de l’ouvrage. Il est certes bien présent, mais il y a aussi toute l’humanité du sujet qui touche à l’universel.
Hier, le château d’Haroué a poussé les colonnes du temple maçonnique pour faire entrer 2.400 initiés dans ses murs. Il y en aura autant ce soir. Didier HEMARDINQUER